La ligne éditoriale du blog évolue encore aujourd’hui avec l’inauguration de la catégorie « Objets Cultes ». Après la catégorie dominicale sur l’automobile, le samedi sera donc dorénavant la journée du Design Cultissime.
J’ai longuement hésité avant de choisir ce premier objet culte, il y en a tellement que l’on connaît et reconnaît tous, que l’on utilise parfois, sur lesquels on s’assied à la terrasse des cafés, on en possède même certains. Souvent malheureusement on les a oubliés au profit des nouveaux plus modernes, plus récents, plus jeunes tout ça à cause de cette culture de l’obsolescence programmée. Et, pourtant ces objets cultes sont toujours (voir même plus qu’à leur création) des objets Design qui méritent de rejoindre nos intérieurs et notre décoration. Un autre avantage de ces objets, c’est que souvent leur prix est devenu plus abordable, on peut les chiner ou les trouver sur des sites d’enchères.
Donc comme vous pouvez le voir, mon choix s’est porté vers celui qui personnellement m’a fait découvrir ce concept obscur et lointain, pour un enfant de province né à la fin des années 70, qu’est le Design. Je sais bien que pour certains  le Design est d’un autre âge, mais pour moi ce fût une révélation (les puristes me parleront ici de Design Industriel).
J’avais 11 ans quand il a été dessiné et 13 lors de sa première commercialisation en 1990, et croyez le ou pas, mais à cette époque pourtant si proche, pour moi ce fut le premier objet que j’ai pu associer au mot Design et encore aujourd’hui il en est le plus illustre représentant. Étonnamment, je m’aperçois en écrivant ces lignes que malgré le culte que je lui voue et son prix très abordable, je ne le possède pas encore…


Que dire de cet objet, sa forme semble toute droite sortie de la « guerre des mondes » ou d’une quelconque invasion extraterrestre. Il semble quasi impossible de réussir à se presser son petit jus de fruit frais du matin tellement son approche pourtant si simple semble si éloignée du presse-oranges de nos mamans. Vous savez celui en verre à la couronne de dents qui bloque les pépins et la pulpe. Avec son élégant bec verseur duquel il est historiquement impossible de faire couler le jus sans en mettre la moitié à côté du verre. La société italienne Alessi en commercialisant dès 1990 cette création de Philippe Starck avait-elle conscience de ce qu’elle faisait ?

En y regardant de plus près ce modèle Design aurait très bien pu être le modèle originel tellement ça paraît simple et fonctionnel. Mais à croire qu’avant que Philippe Starck décide de révolutionner simplement les objets de notre quotidien, il était interdit de faire des choses pratiques et belles. Peut-être qu’à cause de vieilles guerres perdues, nous étions interdits de beauté, nous devions utiliser des objets puis les cacher par honte de les posséder.

Le Designer ouvre les portes des placards et nous crie au visage l’ordre de montrer nos objets, de les exposer, de les utiliser fièrement ! Certainement que ce presse-agrumes ne servira pas plus que son prédécesseur, mais il sera tellement plus présent dans nos vies qu’il en fera partie intégrante au quotidien, posé là sur notre plan de travail en mélaminé, juste entre l’évier et la plaque à induction (… en 1990 ?). Et il sera un sujet de conversation récurrent quand on recevra des amis. Vous avez déjà parlé de l’ancien presse-agrumes vous !

Voilà  donc ce qu’est pour moi le Design, le tout résumé en un seul objet par un maître de l’art. Rendre BEAU ce qui est déjà historiquement utile et pratique. Nous rendre fiers et heureux de posséder un objet anodin et purement fonctionnel.
Nous rendre la vie plus belle !